Claire Naudin
12, Rue du Meix-Grenot
21700 Magny-les-Villers
Tel: +33 3 80 62 91 50
info@naudin-ferrand.com
Domaine naudin Ferrand Magny les villers
Henri Naudin

Memories of Henri Naudin

Claire's notes are only available in French. Do not hesitate to call her if you want to discuss further.

Il y a tout juste un mois, papa nous quittait.
Le moment est venu pour moi de lui rendre hommage.

J'aimerais vous dire l'homme qu'il était,
avec ses valeurs,
ses hésitations,
sa persévérance,
son humour...

Et vous partager ce qu'il nous a transmis...
(Version PDF à télécharger)

Henri et ses soeursHenri Naudin-Ferrand est né à Magny lès Villers le 31 Juillet 1931, 3ème enfant de Claire et Henri, fils tant attendu après
. Jeanne (née en 1923) et

. Marie-Thérèse – Mithé, née en 1926.


Famille de négociants

Henri Naudin père est le descendant d'une vieille famille de vignerons, installée à Magny depuis avant 1850. Mais Henri est aussi excellent commerçant, il fait le négoce de cochons de lait, qu'il va chercher dans le Morvan pour les distribuer dans toutes les fermes des environs. Ainsi, il voyage, rencontre beaucoup de monde...

Claire Deroye est originaire d'une belle ferme de l'Auxois. Lorsque Claire vient s'installer à Magny, après avoir épousé Henri Naudin, elle découvre une vie difficile : à l'époque, l'Auxois était bien plus riche que la côte viticole, et c'est sans parler des Hautes-Côtes, qui dépérissent après la seconde guerre mondiale.


Henri garçonnet Henri choyé

Enfin, en 1931, le fils tant attendu arrive, pour la joie de ses parents et de ses sœurs.
Un fils, pour un vigneron à l'époque, c'est important !

Toute sa vie Henri sera choyé par « ses femmes ».


Henri et Liliane se marient

En 1964, Henri épouse Liliane Ferrand, originaire d'une ferme à Chamboeuf, au dessus de Gevrey-Chambertin.

C'est sa sœur Mithé qui s'est occupée de « prospecter » pour lui. Car Henri est un grand timide, et il travaille beaucoup...

Alors Mithé va en repérage, tous les dimanche, à l'occasion de la messe dominicale. Et c'est à 17 km de Magny qu'elle trouvera la perle rare.

Et pour Liliane et Henri, ce sera « le coup de foudre » !

Henri et LilianeAinsi, Liliane et Henri vont développer la vente directe : le caveau, un des tous premiers du secteur, est ouvert du lundi au samedi, et les clients sont bienvenus... à toute heure !

Très vite, Liliane cesse le travail dans les vignes, pour se consacrer aux clients (et à ses 3 filles, Anne, Marie et Claire). Chaque année, Liliane envoie les nouveaux tarifs, et une grande lettre manuscrite, à chaque client...

Le samedi, Henri la rejoint pour recevoir les clients...

En 1991, lorsqu'Anne et moi revenons travailler avec nos parents, le fichier comporte 16 000 adresses !

Henri s'investitHenri s'investit également beaucoup dans l'action syndicale :

Il m'a transmis cette nécessité de me préoccuper de « la communauté vigneronne » à travers le syndicalisme. Et donc cette idée que l'ambition ne vaut que si elle est partagée.
Lorsque le moment est venu pour moi de « rentrer dans le syndicalisme », il m'a dit deux choses essentielles, qui me guident encore chaque jour

Henri Naudin Travaille Henri Naudin Travaille

Henri travaille beaucoup, il emmène son équipe dans les vignes, il fait son vin (délègue le tracteur mais pas trop les soutirages), s'installe volontiers sur la table de salle à manger pour « faire sa comptabilité »... Mais le dimanche, c'est repos (à part un tour dans les vignes, quand même - avec ses filles qui préfèreraient parfois changer un peu de promenade) !

Le laboratoire d'Henri NaudinLe laboratoire d'Henri

Cette photo est choquante sans doute, car le contexte est peu reluisant. Elle est drôle également : l'installation paraît aujourd'hui totalement improbable. Pourtant elle traduit la précision d'Henri. Armé de son simple certificat d'étude, Henri a pourtant toujours analysé (en toute simplicité) ses vins : - suivi de la maturité (malgré son daltonisme qui rendait la manipulation plus que délicate!) - estimation de la teneur naturelle en sucre des moûts (mustimétrie et réfractométrie) - analyse de l'alcool (photo) en fin de vinification, par ébulliométrie.

Dans cette logique, il m'a largement influencée, dans mes études, pour que j'obtienne mon diplôme national d’oenologie. Et il avait eu la même exigence vis à vis de ma soeur aînée Anne. Au fond de lui, il regrettait de n'avoir étudié que jusqu'à 14 ans. Alors il a poussé ses filles dans les études. Et il avait raison : après avoir pensé qu'un diplôme d'ingénieur était superflus, j'ai conclu que non, au contraire. Ce diplôme m'a donné les capacités d'analyse qui me permettent aujourd'hui d'avancer avec passion et intérêt dans mon métier.

Henri ObserveHenri et le KirAprès une dure journée de travail, vient le moment de détente : chacun se souvient d'Henri assis dans le fauteuil, chez ses parents lorsqu'ils étaient en vie, puis dans la cuisine, pour la lecture du journal ! Mais par dessus ses lunettes, Henri observe... Discrètement, il est attentif... et disponible.

Bientôt, l'heure du KIR arrive ! Le Kir pour Henri (et pour Liliane), c'est très important. Le Kir, ça ne se fait pas n'importe comment : tout d'abord il faut une excellente crème de cassis, ensuite il faut un Bourgogne Aligoté frais, équilibré, aromatique... Enfin, il faut des amis !!!

Le sens de l'amitié et le partage sont deux valeurs profondes d'Henri, qu'il a transmises à ses filles. Sa porte a toujours été ouverte aux amis qui venaient à l'improviste, et Liliane, excellente cuisinière, s'est toujours rendue disponible, malgré le travail, malgré ses 3 filles, malgré sa fatigue, pour cuisiner un repas improvisé à des amis qui faisaient la surprise de s'arrêter : hors de question de repartir sans un kir et un repas.


Henri Trie

Henri, travailleur infatigable... Bien que très fatigué, jusqu'au vendanges 2012 Henri est venu sur la table de tri.

Cette recherche permanente d'amélioration, il nous l'a transmise, à chacun, dans l'équipe ! Il a visité les vignes avec la même obstination toute sa vie ! Et cela ne fait pas si longtemps qu'il n'y allait plus : c'était sans doute une de ses plus grandes tristesses. Papa aura vécu pour ses vignes, et plus généralement son domaine.


Orchidée sauvage en Bully

ViolettePourtant, aussi surprenant que ça puisse paraître, Henri a toujours manifesté de l'émotion pour les fleurs : les orchidées sauvages, qu'il fallait protéger, « En Bully », ou encore les violettes de Vallerot, qu'il m'emmenait voir au printemps, avec sa soeur, ma tante, Jeanne...

Henri et TaraA Noël 2011, grâce à Marie, Tara est venue tenir compagnie à Henri, qui l'a immédiatement adoptée. C'est bien simple, ils ne se sont plus quittés. Tara est petit à petit de venue une « princesse », à qui tout était permis. Ou était donc passée cette autorité qui avait pourtant marqué la vie d'Henri : quand Henri parlait, tout le monde obéissait... mais pas Tara ! Aujourd'hui, Tara tient compagnie à Liliane.

Henri, depuis un mois, de toi ils ne reste que nos souvenirs émus. Ton béret, ton humour, ton sens de l'amitié, ton sens du partage, ton obstination à mieux faire, TOUT nous manque...

Henri béret